lundi 14 décembre 2015

Mon bilan littéraire de l'année 2015 en 15 livres lus et approuvés

Cette année, nous avons eu encore une offre incroyable de livres ! De nouveaux auteurs, des anciens, des écrivains célèbres, nous avons eu un large choix et je vous propose mon bilan non exhaustif des livres que j'ai lus en 2015, et que je vous conseille si vous les avez ratés, ou ceux à éviter (il est encore temps). Et comme c'est bientôt les fêtes, cela peut vous donner des idées de cadeaux...




Mes 3 plus beaux romans "existentiels" 
qui font du bien à l'âme et qui donnent envie de se lever chaque matin
avec carpe diem en tête : 

- La nuit de feu d'Eric Emmanuel Schmitt (Albin Michel - parution 2/09/15)

Présentation : « Je suis né deux fois, une fois à Lyon en 1960, une fois dans le Sahara en 1989. »
Une nuit peut changer une vie.
À vingt-huit ans, Éric-Emmanuel Schmitt entreprend une randonnée à pied dans le Sahara en 1989. Parti athée, il en reviendra croyant, dix jours plus tard.


>>> Mon avis : je me suis obligée à apprécier lentement chacune de ses phrases, comme on fait fondre un bonbon, sinon M. Schmitt nous emporte rapidement loin et plus haut...Une plume assurément belle, chaque mot est sublimé.. Mon coup de coeur 2015.



- Les beignets d'oscar de Fausto Brizzi (Fleuve Editions paru le 14/05/15)



Présentation : Chaque matin Lucio déguste un beignet d'Oscar, son beau-père, assis à une table devant la boutique, partageant quelques miettes avec un moineau extraverti. Un instant privilégié, une madeleine de Proust qu'il garde secrète. Il ne faudrait pas que Paola, sa femme, apprenne ses écarts gourmands. Quoique maintenant, ça n'ait plus grande importance. Elle a découvert son aventure avec Mme Moroni. Une incartade qui lui vaut d'être mis à la porte. Et comme les ennuis, c'est bien connu, débarquent toujours par paire, il fait la rencontre de l'ami Fritz. Lucio aurait sûrement préféré ne jamais croiser sa route. Pourtant, avec lui, il va passer les cent jours les plus heureux de sa vie. De ceux que l'on veut laisser derrière soi comme les plus heureux, des souvenirs que nos proches chériront toujours. Cent jours qu'il se doit de rendre inoubliables.

>>> Mon avis laissé sur Amazon : 

le 8 juin 2015
J'ai adoré ce roman. Drôle et émouvant, l'auteur italien nous fait partager son Italie avec passion. Le roman est rythmé on se surprend à le dévorer alors on ralentit pour le déguster. On le lit même avec le sourire... Je vais le relire sans problème. Un roman presque existentiel. Ma phrase préférée :"les grands-parents sont comme les super-héros. Ils ne devraient jamais mourir".

- Quelqu'un pour qui trembler de Gilles Legardinier
(Fleuve Editions paru le 1/10/15)




Présentation : Pour soigner ceux que l'on oublie trop souvent, Thomas a vécu des années dans un village perdu en Inde. Lorsqu'il apprend que la femme qu'il a autrefois quittée a eu une fille de lui, ses certitudes vacillent. Il lui a donné la vie, mais il a moins fait pour elle que pour n'importe quel inconnu. Est-il possible d'être un père quand on arrive si tard ? Comment vit-on dans un monde dont on ne connaît plus les codes ? Pour approcher celle qui est désormais une jeune femme et dont il ne sait rien, secrètement, maladroitement, Thomas va devoir tout apprendre, avec l'aide de ceux que le destin placera sur sa route. Voici la réjouissante histoire de ce que nous sommes capables de réussir ou de rater au nom de la seule chose qui compte dans nos vies

Mon avis : on ne présente plus M. Legardinier qui est un écrivain dont les romans dans le style qu'on appelle désormais "feel good" ont un succès retentissant. J'avais déjà lu "Complètement cramé" et j'avais beaucoup ri car il a l'art et la maîtrise des situations et des dialogues. On s'identifie à ses personnages et on s'y attache. On a tous dans sa vie quelqu'un pour qui trembler et c'est ce qui fait qu'on se sent impliqué dans ce roman. A noter que chaque exemplaire est numéroté et qu'il faut adresser à M. Legardinier une carte postale mentionnant le numéro de son livre pour gagner l'un des cadeaux mis en jeu à retourner avant le 15 janvier 2016 (il faut que je me hâte !!! j'aimerais tant dîner avec lui !)

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Dans un tout autre registre, et pour s'éclairer et rester ouvert au monde je vous conseille aussi : 

2084 de Boualem Sansal (parution 20/08/15 Gallimard).
Ce livre, selon moi, deviendra un grand classique comme l'est 1984 de Georges Orwell. On ne peut donc passer à côté.


1000 coups de fouet parce que j'ai osé parler librement. Paru en mai 2015. Mon avis : Ce livre est actuellement gratuit pour le télécharger sur Kindle (ou 3 euros broché) et je vous invite à lire les articles qui ont envoyé Raïf Badawi en prison pour 10 ans et condamné à 1000 coups de fouet. Outre ses explications sur sa vie en Arabie Saoudite, les conditions des femmes, son analyse sur les Etats Religieux, l'Europe, le reste du monde, font de ce recueil un véritable hymne à la paix universelle, à la liberté d'expression, à la LIBERTE. Une bonne idée de l'avoir traduit en français car nous pouvons lire le travail d'un homme assurément éclairé.
 



Présentation : Condamné à 1 000 coups de fouet et 10 ans de prison pour avoir écrit que musulmans, chrétiens, juifs et athées sont tous égaux. Raif Badawi a ému le monde entier. Ce jeune blogueur saoudien est arrêté en 2012 et condamné à 10 ans de prison et 1000 coups de fouet, parce qu'il a osé écrire ce qui déplait aux religieux et aux politiques. Le 9 janvier 2015 a lieu la première séance. Les 50 coups de fouet sont si brutaux que la deuxième séance doit être reportée : le corps de Raif n'est qu'une plaie béante. Le monde entier s'indigne. Aujourd'hui, Raif attend les prochains coups, à moins que sa peine ne soit réexaminée... Mais il ne renonce pas. Depuis sa prison sordide et avec la complicité de sa femme, il fait ici pour la première fois entendre sa voix. Dans ce recueil de textes interdits et inaccessibles, il prend position pour la séparation entre religion et État, s'insurge contre le rôle néfaste d'un islam perverti, et évoque le risque terrible encouru pour toute créativité et vie intellectuelle dans un climat d'aveuglement idéologique. Il est aujourd'hui devenu une icône pour tous ceux qui luttent, en Arabie Saoudite et dans le monde, pour la liberté d'expression et contre les violences faites au nom des religions. L'ensemble des bénéfices de ce livre sont reversés à l'auteur pour assurer sa défense. Ce livre est édité avec le soutien d'Amnesty International www.amnesty.fr Prix de la Liberté d'expression 2015 par Deutsche Welle (radiotélévision internationale allemande) Prix du courage 2015 décerné par vingt groupes de défense des droits de l'homme au sommet de Genève Prix Aikenhead 2015 de la Société laïque écossaise Prix Reporters sans frontières - TV5MONDE pour la liberté de la presse 2014 Médaille de l'Université libre de Bruxelles One Humanity Award décerné par PEN Canada



Mes 3 romans thriller préférés cette année : 

 - Pandemia de Franck Thilliez (parution juin 2015)



Présentation : " L'homme, tel que nous le connaissons, est le pire virus de la planète. Il se reproduit, détruit, épuise ses propres réserves, sans aucun respect, sans stratégie de survie. Sans nous, cette planète court à la catastrophe. Il faut des hommes purs, sélectionnés parmi les meilleurs, et il faut éliminer le reste. Les microbes sont la solution. " Après Angor, une nouvelle aventure pour l'équipe de Franck Sharko et Lucie Henebelle, renforcée en coulisses par la jeune et courageuse Camille. Et l'enjeu est de taille : la préservation de l'espèce humaine."

Mon avis : quand on commence un thriller de Franck Thilliez on ne peut plus s'arrêter et on le lit jusqu'à ce que l'on sache. On est pris dans un tourbillon. On adore Lucie Hennebelle et Sharko.

- Play de Franck Parisot
(parution janvier 2014 oui je sais ce n'est pas un livre 2015 mais on a le droit à une session de rattrapage)



Présentation : Un serial-killer sévit sur New York. Sur chaque scène de crime, la police retrouve une clé usb contenant un message qui leur est adressé. Le point commun entre les victimes : toutes aimaient exposer leur vie sur internet... Les inspecteurs Bridge, Alves et Morgans se mettent à la recherche de celui qu'ils nomment " le cyclope ", en raison de la caméra frontale qu'il utilise pour filmer le calvaire qu'il fait endurer à ses victimes avant de les mettre à mort. Mais le tueur les observe... Un grand thriller qui en maîtrise tous les codes et rivalise d'ingéniosité avec ceux des maîtres du genre.

Mon avis : c'est absolument HORRRRRRIBLE mais j'ai adoré. Car franchement quand on aime les auteurs et lire leurs livres, on aime aussi se demander où ils vont chercher tout ça. Un thriller gore mais original. A ne pas mettre dans toutes les mains bien sûr.

- Prendre Lily de Marie Neuser (premier volume d'un diptyque, paru en mai 2015).



Présentation : Une mère de famille retrouvée assassinée dans sa baignoire, les seins tranchés, les doigts comme un écrin renfermant deux mèches de cheveux. Le corps d'une étudiante coréenne abandonné la nuit dans un quartier désert. Et des jeunes femmes qui témoignent : leurs cheveux coupés net, tandis qu'elles vivent, marchent, respirent dans une petite ville balnéaire d'Angleterre qui ne connaît pas les débordements. Non loin de la salle de bains de Lily Hewitt vit Damiano Solivo. On lui donnerait le bon Dieu sans confession si ce n'étaient ces déviances auxquelles il s'adonne en secret. Mais son épouse peut le jurer : Damiano est innocent. Damiano est même victime. Victime, oui : de la complexité d'une machinerie sociale et judiciaire qui sait comment on façonne les monstres. Premier volume d'un diptyque tiré d'un fait divers qui tourmenta l'Italie et l'Angleterre de 1993 à 2011, Prendre Lily, raconte la traque d'un psychopathe identifié.

Mon avis : Les avis sont partagés sur le Net. Certes, on peut observer certaines lenteurs dans les développements car Marie Neuser met exprès la pression sur le lecteur. On sait qui est le coupable dès le début. Cette lenteur est une ruse : tout réside dans la victimisation du suspect qui se prétend innocent pendant tout le roman. Damiano accusé répète sans cesse : vous ne pouvez rien prouver. Les maigres indices se succèdent petit à petit, les policiers trépignent, le scénario se dessine... Je me suis prise au jeu et on espère de toutes ses forces pendant le roman que la police le coincera. J'ai hâte de lire la suite "Prendre Gloria" à paraître dans un mois, le 14 janvier 2016.

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Les livres qui m'ont déçue : 

1- Satan était un ange (oui je sais paru en novembre 2014) j'ai voulu essayer ce thriller dont tout le monde parlait sur la toile et qui est écrit par Karine Giebel. J'ai renoncé à la page 100, c'était mon premier livre de cette auteure, je n'ai adhéré ni à l'histoire, ni au style qui était, pour moi, très pénible.  Dommage.

2- Millénium 4 de David Lagercrantz. Paru le 27/08/15. J'ai apprécié l'histoire et j'ai retrouvé avec plaisir les personnages scrupuleusement respectés dans cette nouvelle mouture de leurs aventures MAIS le style trop journalistique de cet auteur m'a gênée. Sans doute l'aurais-je sûrement plus apprécié en lisant la bio qu'il a écrite sur Zlatan. J'étais vraiment sous le charme de la plume de Stieg Larsson mais pas de celle de son successeur. Dommage.

3 - Le Préquel du labyrinthe : "Avant le labyrinthe : l'ordre de tuer". Paru en avril 2015. Le labyrinthe est une trilogie dystopique destinée à la jeunesse. Autant j'ai apprécié le tome 1, autant je me suis essoufflée au second tome, autant je me suis rétamée sérieusement au 3ème. Alors quand est paru le "préquel" (le numéro 4 qui est le numéro 0 en fait avant le commencement du labyrinthe, vous suivez ?) je l'ai acheté comme les autres mais je n'ai pas encore trouvé le courage de l'ouvrir, ayant sans doute peur de finir dans les limbes de cette fiction. Mais je vais m'y mettre... un jour... quand vraiment mon étagère sera vide et ma PAL aussi. C'est dommage car la série ne tient pas la promesse. Et le film qui a été adapté du 1er tome "le labyrinthe" est une très très mais alors très libre adaptation du réalisateur (je dirais même d'une inspiration lointaine) car de précieux détails manquent par rapport au livre (comme le pouvoir de la télépathie entre les deux personnages principaux)...
Dommage.
A livres commerciaux, films commerciaux...

MAIS si vous voulez lire un bon roman dystopique pour la jeunesse, (je l'ai dévoré), il faut plutôt se tourner vers Endgame : l'appel tome 1 qui est une vraie chasse au trésor en plus, il faut s'aider des indices du livre et se rendre sur www.endgamerules.com pour participer !! Le tome 2 "la clef du ciel" est paru en octobre 2015, je n'ai pas encore eu le temps de le lire (présentation : il reste neuf joueurs et les règles ont changé.La première clé a été trouvée et le chaos est déclenché. Partout, manifestations pacifiques ou guerres civiles agitent les populations, les médias se déchaînent... Et les Joueurs continuent de Jouer. Jouer, agir, se battre, c'est aussi s'oublier... Tandis que les neuf jeunes héros sillonnent furieusement le globe à la recherche de la deuxième clé, la révolte germe dans leurs esprits).

Et il y a 3 livres que j'ai soigneusement évité de lire, même pas fait l'effort de la 4ème de couverture car on a tellement vu leurs auteurs sur les plateaux télé que ce n'était plus la peine : 

- Soumission (parution janvier 2015). Pas adepte. Pas envie.
"Pas glop" comme dirait Pif (d'ailleurs le numéro 2 de Pif Gadget est sorti dernièrement avec un gadget, vous avez lu le 1er numéro au printemps ???)

- Un amour impossible de Catherine Angot (paru en août 2015). J'avais lu en prenant connaissance pour la première fois du style particulier de l'auteur : "Une semaine de vacances" et j''avais été horrifiée par cet inceste qui constitue l'essentiel de ses romans et donc de son oeuvre. Si je dois être horrifiée dans la littérature, je préfère choisir la catégorie thriller.

- Le crime du Comte Neville (paru en août 2015) de la miss Nothomb. Il semble que les romans d'Amélie soient de plus en plus courts pour adopter le format "nouvelle" nous laissant sur notre faim...

J'ai renoncé à la lire depuis 2 ou 3 romans préférant d'autres auteurs qui pensent d'abord à écrire une histoire qui tienne la route et qui pensent surtout à leurs lecteurs. Il est bon de se faire plaisir quand on écrit, mais le lecteur désormais exigeant doit aussi y trouver son compte.

C'est tout ! Je vous souhaite de très belles futures lectures. A bientôt !





mardi 9 juin 2015

Lecture coup de coeur !

Une belle acquisition tout d'abord, qui s'avère un coup de coeur, un livre totalement jubilatoire tant c'est un plaisir de lire et relire ces phrases. LES BEIGNETS D'OSCAR ou mes 100 jours de bonheur. Je l'ai bien noté sur Amazon (mais acheté chez ma libraire, la Librairie du Port).


lundi 1 décembre 2014

Mon livre coup de coeur de l'année 2014

Parmi tous les livres proposés dans l'année, hormis ceux que j'ai évités soigneusement pour le peu d'intérêt qu'ils présentaient du point de vue de "l'histoire" ou de "la qualité d'écriture", il y a un livre pour lequel je décerne "mon coup de coeur 2014", loin des best-sellers surprises qui ont cartonné ou du prix Nobel, pour moi c'est "Un bon fils" de Pascal Bruckner.
Il est sorti au printemps et toute l'année je n'arrêtais pas de me répéter "lis Un bon fils, tu avais vu une interview de l'auteur et tu avais envie de le lire."
Mais voila, les mois ont passé, je n'avais pas eu le temps de me le procurer. Entre temps j'avais lu Euphorie Perpétuelle (toujours de Pascal Bruckner), Essai sur le devoir du bonheur. Mais "un bon fils" me restait en mémoire comme une envie qui presse et qui n'est pas satisfaite !
Il y a quelques jours, je suis enfin tombée sur lui, ou plutôt il m'est tombé dans les mains.
J'ai adoré ce livre et je suis maintenant très frustrée de l'avoir terminé. J'ai choisi de vous en parler sur mon blog pour partager ce livre bouleversant.
Le style de Pascal Bruckner, incisif, rythmé, puissant, chaque mot est choisi, les descriptions finement poétiques, des dialogues qui claquent... Et on comprend, au fil de la lecture pourquoi le livre s'intitule "un bon fils" et non pas "un mauvais père" alors que l'expression nous brûle les lèvres. Toute la magie opère dans la justesse des sentiments, on rit (les peluches et Pétain), souvent on s'émeut.
Rarement j'aime un livre ET son auteur (en tout cas c'est mission impossible chez les écrivains contemporains, Pascal Bruckner en parle très bien aussi), mais là je crois que c'est le cas, je l'aime bien. Pour plusieurs raisons, d'abord pour les pages magnifiques, son paragraphe qui conclut le livre, ou sa description sur la montagne, et notamment cet extrait sur l'hiver :
"Au contraire de la pluie qui suit bêtement les lois de la gravité, la neige descend avec noblesse, frôle les corniches, consent à se poser sur un coussin déjà préparé par d'autres flocons. Elle ouate les bruits, cache nos laideurs, donne un sentiment d'immobilité comme si, après avoir consenti à la chute, elle remontait lentement de la terre vers le ciel. Elle n'est pas froide, elle réchauffe les coeurs, se fait l'agent subtil du désir. Chaque fois qu'en montagne, j'ouvre les  yeux sur une nuit que bleuissent les flocons larges et doux, je crois voir entre les branches des sapins encapuchonnés, accourant à ma rencontre, le visage de la femme aimée qui se détache, énigmatique et bienveillant".
Mais surtout parce que Pascal Bruckner est un écrivain optimiste, à l'inverse de son jumeau, Alain Finkielkraut, et dont il dit qu'il ne croit plus en l'homme. Et en cela aussi, son livre me parle, étant résolument optimiste.
Si vous ne savez pas quoi offrir, dans quelques jours, et que vous désirez offrir un grand livre d'un écrivain "connu" et reconnu, pensez à cet ouvrage.

"Le monde est un appel et une promesse  : il y a partout des êtres remarquables, des chefs-d'oeuvre à découvrir" (Pascal Bruckner - Un bon fils).

mercredi 1 octobre 2014

La première phrase d'un roman

Je vous avais promis un article sur "la première phrase d'un roman". 
De nombreux blogs donnent de bons conseils sur la manière d'aborder la première phrase lors de l'écriture d'un roman. Je ne vais donc pas en dispenser moi aussi, mais plutôt livrer une réflexion.

La première phrase c'est un peu comme une première fois. 

Pour le lecteur, c'est la première ligne qu'il va lire du roman, et pour l'écrivain c'est sa façon de plonger dans la rédaction de son histoire. Il sait ce qu'il veut écrire, ou peut-être pas, mais il faut bien commencer par quelque part, avant de poursuivre ! J'aime beaucoup l'image de la page blanche sur la machine à écrire, dans les films, et l'écrivain qui n'arrive pas à commencer. Il tape, arrache sa feuille, la jette, recommence. Est-ce si difficile d'écrire la première phrase ?

La première phrase, côté lecteur, c'est un peu comme "la première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules" de Philippe Delerm, celle qui vous donne envie, après y avoir goûté, d'y retourner et d'en reprendre encore, d'aller plus loin, de vous laisser aller.
Si la première phrase du roman vous a plu, alors vous avez envie de lire le paragraphe, puis le suivant. Vous vous apercevez que vous avez finalement lu une page, puis deux, puis un chapitre. Sans vous rendre compte, vous arrivez à la moitié du livre, vous êtes pris dans les mailles de l'histoire. Vous ne pouvez pas sortir. Pas tout de suite.

Je ne vais pas reprendre les débuts de roman célèbres déjà listés par d'autres blogs,  il y a même un quizz disponible sur Babelio.com : http://www.babelio.com/quiz/5246/Les-premieres-phrases-de-romans-celebres

Je préfère vous donner le goût de quelques ouvrages, en vous présentant leur première phrase : 

"Pendant un demi-siècle, les bourgeoises de Pont-l'Evêque envièrent à Mme Aubain sa servante Félicité." (Un coeur Simple - Gustave Flaubert)


"Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d'une obscurité et d'une épaisseur d'encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. (Germinal - Emile Zola)


"Le jour où mon père est mort, la réalité a cessé de me passionner." (Le Zubial - Alexandre Jardin)


"Il se trouve dans certaines provinces des maisons dont la vue inspire une mélancolie égale à celle que provoquent les cloîtres les plus sombres, les landes les plus ternes ou les ruines les plus tristes." (Eugénie Grandet - Honoré de Balzac)


"Pas un couteau de cuisine, évidemment, ni un couteau de voyou à cran d'arrêt." (La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules - Philippe Delerm)


"Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée : car chacun pense en être si bien pourvu, que ceux même qui sont les plus difficiles à contenter en toute autre chose, n'ont point coutume d'en désirer plus qu'ils en ont." (Discours de la méthode - René Descartes)
Il n'est nullement besoin de les commenter, chacune de ces phrases est une invitation au voyage ou à la réflexion...

Pour ma part, chacun de mes romans débutera de la même manière, selon un même code que j'ai fixé, qui est d'ailleurs déconseillé par les sites de conseils en écriture car l'exercice est difficile et peut être un piège pour l'écrivain. Mais je me suis rendue compte que j'aime cette entrée en matière, on est tout de suite dans l'ambiance, dans une dynamique que j'aime, contrairement aux premières phrases trop longues en description, ce n'est pas... mon style ! Chacune de mes premières phrases de romans interpellera donc personnages ou lecteurs, et requerra votre attention. Je vous remercie d'ailleurs d'avoir lu cet article.

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samedi 20 septembre 2014

Le bilan de la rentrée littéraire : Gros temps sur un océan de livres.

On peut d'ores et déjà dresser un premier bilan de cette riche rentrée littéraire, riche en pépites, riche en nombre d'ouvrages et riche en... rebondissements. 

La rentrée n'a pas été calme. Loin de là. Comme un océan par gros temps.
Imaginez plus de 600 voiliers, prêts à en découdre comme pour la Route du Rhum ou le Vendée Globe, certains rêvant même d'un record improbable (en nombre de ventes) et qui transporteraient donc des écrivains "officiels", des figures rassurantes du "milieu", tous sponsorisés par leurs marques, pardon, par leurs éditeurs.

Imaginez des gros paquebots, les croisiéristes, qui transportent à leur bord les journalistes, les médias, les bloggers littéraires, les réseaux sociaux, les internautes influents. https://www.actualitte.com/tribunes/et-si-la-rentree-litteraire-se-trompait-d-auteurs-2226.htm

Et donc, me direz-vous ?

Au milieu de l'océan vous ajoutez des inconnus (combien sont-ils ?) sur des planches à voile, certains plus modernes en kite-surf, pour la plupart qui ne savent pas nager, d'autres si et qui rêvent de naviguer vers l'autre côté, croyant naïvement que le vent les poussera vers un monde meilleur. Il y a ceux qui ne croient rien et qui font juste de la planche à voile pour le plaisir du vent, des courants marins, de l'air iodé, des embruns dans la figure, des dauphins qu'ils vont croiser. Ce sont les auteurs auto-édités, mes fameuses fourmis, vous vous rappelez : les artisans de l'écriture (vous pouvez lire cet article sur mon blog pour mémoire ici https://www.blogger.com/blogger.g?blogID=1822909192517900113#editor/target=post;postID=6209926692764923355;onPublishedMenu=allposts;onClosedMenu=allposts;postNum=21;src=postname).

Et maintenant vous rajoutez sur cet océan le gros temps, avec un gros coup de vent (Echelle de Beaufort, force 8 :Tourbillons d'écumes à la crête des lames, trainées d'écume). 

Les paquebots de croisières médiatiques s'en sortiront, la masse puissante et les équipements leur assurent la stabilité sur l'eau. Les communications sont même pas coupées, l'info file à toute vitesse. C'est à qui aura le dernier et surtout le bon mot.

Les voiliers de course, que ce soit les plus technologiques, les plus recherchés, ou même les plus bling-bling (ceux qui ont emporté du champagne à bord et une copine, au lieu des boites de sardines), s'en sortent.

Prudemment, on a réduit la voilure, on observe les autres concurrents. On est quand même plus de 600 au départ dans cette course aux livres. On lève les yeux sur sa grand voile : pas de problème notre éditeur nous lâchera pas. 

Tiens untel à eu carrément un courrier d'éloges pour le concurrent "l'oubli" et pas par n'importe qui. "Injuste !" dira un autre surtout c'est une jeune débutante, en plus sa première course !

Et puis arrive un voilier pas très neuf avec à son bord tout un lot de gros maux, il y en a un sacré paquet parce que la ligne de flottaison du voilier est bizarre, encore un peu la ligne de vie et les filières seront dans l'eau. Mais le bateau s'enfonce légèrement, pas trop quand même. On sent qu'il veut en découdre aussi. Il était même pas inscrit au départ avec les autres. Le pire c'est qu'il avance le bougre. La navigatrice a balancé toutes les voiles dehors. Pas question de réduire la voilure (et de prendre un ris comme les autres), même si on avance vers le gros temps. Tiens, elle dépasse tous les autres concurrents.

Les paquebots ne voient plus qu'elle. Son embarcation n'est pas la plus crédible, mais tout le monde veut suivre sa course, mais sans l'avouer (principe bien français : on dénigre la télé réalité, le président français, les torchons... mais nous on est au dessus de tout ça : nous n'avons JAMAIS regardé de télé réalité, JAMAIS voté pour ce Président, JAMAIS lu tel livre). Tiens il semblerait que ce sont les non-initiés de la voile qui s'intéresseraient à elle plutôt qu'aux autres participants... Comment savoir ?


Bref, pendant ce temps elle a distancé les autres. 

Tiens, un critique fait un papier, va-t-il donner leur chance aux autres concurrents des belles lettres ? No. Il n'a d'yeux sur l'eau que pour les 203 voiliers étrangers. Pas de chance. On cherche le voilier de l'ex fiancée mais il est déjà loin. http://www.lepoint.fr/editos-du-point/sebastien-le-fol/eric-naulleau-ma-rentree-litteraire-2-17-09-2014-1863993_1913.php


La tempête est là, trop tard, on l'avait pas vu venir. Tout le monde s'observe. On est tous secoués. On va attendre que ça passe. Les voiliers finiront la course eux aussi. Ils mettront du temps, quand tout le monde cessera de regarder le rafiot qui a tout raflé et s'intéressera de nouveaux aux autres concurrents...

Quant aux amateurs des planches à voile, les auteurs auto-édités : voir passer les lumières des paquebots au loin, ne pas pouvoir demander de l'aide et leur dire qu'on existe, c'est idiot. On va moins vite que les voiliers mais cela ne veut pas dire que notre course n'est pas intéressante à suivre. On a fait tout ce qu'on a pu : on avait une belle planche, une belle voilure, des muscles d'acier dans les bras, de la force dans nos jambes, un mental d'enfer près pour le froid et les vagues dans la gueule. Mais tout le monde est passé là-bas, à plusieurs dizaines de milles, et nous on est restés comme des cons, malmenés par le vent et les vagues comme les autres, minuscules gouttes infimes dans l'océan.  

Je me positionne comme lectrice et spectatrice en cette rentrée littéraire, j'avoue que je ne sais pas quel voilier suivre dans cet univers que j'affectionne beaucoup. Je n'ai pas envie de Champagne, je n'ai pas envie de maux. J'ai envie de mots. L'écriture est mon refuge et la lecture mon évasion. Je veux... rêver. Alors je sais que dans mes prochaines découvertes littéraires, j'aurais sûrement un ou plusieurs bateaux de retard, j'aime voyager en dénichant un vieux roman d'il y a six mois ou 5 ans. Parce que les livres sont intemporels, on aura beau nous imposer des "dates" de période de parution propices à la sortie de nos livres, le lecteur fait comme il veut en fait. Et généralement en cas de gros temps, il ne s'aventure pas, il attend. J'attends de rêver.

 



mardi 9 septembre 2014

Arthur Schopenhauer et "La condition essentielle du bonheur"

"La condition première et la plus essentielle pour le bonheur de la vie, c'est ce que nous sommes, c'est notre personnalité. [...] Tout ce que nous pouvons faire [...], c'est d'employer notre personnalité, telle qu'elle nous a été donnée, à notre plus grand profit ; par suite, ne poursuivre que les aspirations qui lui correspondent, ne rechercher que le développement qui lui est approprié en évitant tout autre, ne choisir, par conséquent, que l'état, l'occupation, le genre de vie qui lui conviennent.

Un homme herculéen, doué d'une force musculaire extraordinaire, astreint par des circonstances extérieures à s'adonner à une occupation sédentaire, à un travail manuel, méticuleux et pénible, ou bien encore à l'étude et à des travaux de tête, occupations réclamant des forces toutes différentes, non développées chez lui et laissant précisément sans emploi les forces pour lesquelles il se distingue, un tel homme se sentira malheureux toute sa vie ; bien plus malheureux encore sera celui chez lequel les forces intellectuelles l'emportent de beaucoup et qui est obligé des les laisser sans développement et sans emploi pour s'occuper d'une affaire vulgaire qui n'en réclame pas, ou bien encore et surtout d'un travail corporel pour lequel sa force physique n'est pas suffisante.

Ici toutefois, principalement pendant la jeunesse, il faut éviter l'écueil de la présomption et ne pas s'attribuer un excès de force que l'on n'a pas. De la prépondérance bien établie de notre première catégorie sur les deux autres, il résulte encore qu'il est plus sage de travailler à conserver sa santé et à développer ses facultés qu'à acquérir des richesses, ce qu'il ne faut pas interpréter en ce sens qu'il faille négliger l'acquisition du nécessaire et du convenable.
Mais la richesse proprement dite, c'est à dire un grand superflu, contribue peu à notre bonheur [...] ; aussi beaucoup de riches se sentent-ils malheureux, parce qu'ils sont dépourvus de culture réelle de l'esprit, de connaissances et, par suite, de tout intérêt objectif qui pourrait les rendre aptes à une occupation intellectuelle. Car ce que la richesse peut fournir au-delà de la satisfaction des besoins réels et naturels a une minime influence sur notre véritable bien-être ; celui-ci est plutôt troublé par les nombreux et inévitables soucis qu'amène après soi la conservation d'une grande fortune. Cependant les hommes sont mille fois plus occupés à acquérir la richesse que la culture intellectuelle, quoique certainement ce qu'on est contribue bien plus à notre bonheur que ce qu'on a. [...]

Ainsi, l'essentiel pour le bonheur de la vie, c'est ce que l'on a en soi-même. [...]

Arthur Schopenhauer

(Texte complet dans Aphorismes sur la sagesse dans la vie, II.)

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Arthur Schopenhauer (1788-1860) professa sans succès à Berlin, vers 1820, et renonça, faute d'auditeurs (il parlait devant une salle presque vide) à l'enseignement. Si son ouvrage principal "le monde comme volonté et représentation" (1818) n'eut aucun succès, de même que "les deux problèmes fondamentaux de l'éthique" (1841), les Parerga et Paralipomena (1851) le rendirent célèbre du jour au lendemain. Les disciples accoururent à Francfort, Wagner lui dédicaça "l'anneau des Niebelungen". Schopenhauer mourut, en 1860, en pleine gloire.
Les influences : Platon et Kant, il reprendra la théorie de la connaissance avec la distinction du "phénomène" et de la "chose en soi". La doctrine de Schopenhauer dérive aussi de la pensée hindoue. Il fut l'adversaire déclaré de Hegel, "écrivailleur d'absurdité et détraqueur de cervelle", selon ses propres notes.

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Ce qui est étonnant à la lecture de ce texte (que vous pouvez lire intégralement avec d'autres textes de philosophes, qui donnent aussi à réfléchir, dans le livre "l'art du bonheur chez les philosophes" de Christophe Salaün), donc l'étonnant c'est la modernité de cette pensée. Plus de 150 ans ont passé, et les hommes sont exactement comme les décrivait Schopenhauer, bien plus occupés à vouloir faire leur fortune, qu'à s'élever intellectuellement... Alors que le bonheur est en soi. Mais qui s'en soucie encore ? Qui le sait ?



mardi 8 juillet 2014

Article : Une librairie parisienne lance un boycott contre Amazon

Une librairie parisienne lance un boycott contre Amazon



Je vous invite à prendre connaissance de cet article et ensuite, nous, les auteurs-artisans-auto-édités-indépendants nous devrions penser à tous envoyer nos livres dans cette librairie (attention il faudra prévoir de pousser les murs) pour qu'ils nous vendent, puisqu'une de nos rares chances dans ce milieu fermé c'est de pouvoir diffuser notre travail par Amazon !! Et eux, ils boycottent Amazon. Nous n'avons qu'à nous aussi ... boycotter... ceux qui boycottent...

Polémique absurde. Il y aura toujours des lecteurs qui n'achèteront que dans leur librairie, en format broché, et il y aura ceux qui préfèrent acheter sur Amazon, depuis la France, ou l'Australie ou depuis Londres, ceux qui préfèrent les liseuses, contrairement à ceux qui préfèrent sentir le livre dans leurs mains.

L'important c'est de pouvoir accéder aux livres. Personnellement, j'achète mes livres partout (la semaine dernière à la librairie du Channel).

Et en tant qu'auteur je n'ai pas choisi d'envoyer mes manuscrits aux éditeurs car aujourd'hui c'est systématique d'être refusé (lire mon article sur "les artisans auteurs auto-édités"), ils préfèrent attendre de voir un auteur émerger du lot (sur Amazon) avant de pouvoir signer un contrat avec lui. C'est ainsi. Je préfère me battre par mes propres moyens. Si aujourd'hui les ministres de la Culture successifs et les librairies françaises, (et les éditeurs) nous proposaient d'autres solutions qu'Amazon, bien sûr que nous les choisirions. 

Les librairies ferment, les éditeurs sont timides et méfiants, la concurrence s'intensifie. 

Quelles vraies solutions ont les lecteurs et les auteurs ??