mercredi 24 février 2016

A paraître le 10 mars 2016 : Ce qu'il nous faut c'est un mort - de Hervé Commère



Ce qu'il nous faut c'est un mort
Hervé Commère
(Éditions Fleuve noir / Éditions 12-21)

A paraître le 10 mars 2016

Un roman déroutant et étourdissant 
 ⭐⭐

J'ai pu lire ce roman en avant-première et ce qui m'est venu immédiatement à l'esprit après 75 pages c'est son caractère déroutant.

L'histoire débute après la finale de la Coupe du Monde du 12 juillet 1998. On fait connaissance avec des personnages qui ne semblent avoir aucun lien les uns avec les autres mais l'auteur vous annonce dès le départ que si. La toile de fond est le village de Vrainville et le site des Ateliers de lingerie Cybelle. L'histoire mêle à la fois une intrigue "policière", à la fois un suspens sur le devenir d'employés des Ateliers Cybelle.

S'agissant du style vous apprécierez les phrases courtes qui claquent sur un ton sec, qui résonnent essentiellement au présent, ou alors éventuellement au passé composé, elles vous interpellent, questionnent et vous laissent souvent en suspens ou dans une logique inachevée. Ou il se peut qu'elles vous en apprennent trop.

Le rythme est saccadé, trop pour moi..

Remarque : Si vous aimez comme moi les thrillers ou suspens littéraires qui vont vous faire frissonner grâce à des paragraphes tout en rondeurs, avec du passé simple, de l'imparfait et du subjonctif, de jolis mots accompagnés de figures de style, de la fluidité et de l'esthétique...
eh bien là, hélas,... passez votre chemin. Vous rencontrerez des difficultés. Pas de place pour tout ça. Oubliez vos figures de style. Adieu Harmonie.
C'est déroutant. Et après la moitié du livre, c'est carrément étourdissant. 

Le roman est présenté en plusieurs parties. On oublie d'ailleurs très rapidement le titre, et ce qu'il signifie. On a bien tenté au début de se projeter (des gens cherchent à tout prix un cadavre ? dans quel but ?) puis cela devient secondaire puisque l'on est envahi par l'abondance des détails.
Les chapitres sont étranges : ils supposent, proposent, suggèrent, énumèrent et vont jusqu'à l'infini petit du détail comme dans un microscope, décrivent encore et encore, se succèdent... Il y a beaucoup de temps passé sur certains détails et je n'ai pas compris dans quel but.
Ils sont dans l'excès,  presque une saturation linguistique.
Dans le roman beaucoup de personnages se croisent.
Et l'auteur à tendance à vous annoncer ce qui suit : dans un chapitre, à la première ligne, carrément il annonce qui mourra. Suivi d'une seconde phrase sans rapport comme par exemple "il fait chaud c'est l'été". C'est le côté déroutant. On peut considérer cela comme le fait de casser en permanence le suspens, d'autres lecteurs trouveront au contraire que c'est tout le charme du roman. Soit.

Attention, il faut bien s'appliquer à  suivre cette affaire, riche en... tout.

Parfois vous serez étonnés par certains faits, et éventuellement incrédules : vous savez que l'homme est capable des pires actes. Mais là, vous vous demanderez si certaines choses ou pensées sont possibles ailleurs que dans l'imagination de l'auteur ?

J'ai relevé des tics d'écriture qui reviennent pendant la lecture, cette phrase "on ne sait pas" se présente souvent au fil du roman, plus d'une quinzaine au moins, et qui s'installe après une question, un fait énoncé, un dialogue... Et moi ce que je retiens après cette lecture, c'est qu'en effet "je n'ai pas su". Car sans doute il faut un certain degré d'aptitude à accepter que l'auteur casse les codes du genre pour participer volontairement à cette intrigue et être happé par cette histoire. Cela n'a pas marché sur moi, trop perdue et finalement agacée, je n'ai pas su m'abandonner au côté "too much" de l'affaire, mais je suis persuadée qu'il peut produire un tout autre effet sur vous !

Je n'ai globalement pas aimé ce roman, vous l'aurez compris, j'attribue donc un avis 2*. Mais c'est un roman qui sort de l'ordinaire et ce qui est sûr c'est qu'il sera largement commenté, qu'il soit considéré comme dérangeant... ou tout simplement génial ! !


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Présentation de l'éditeur


" Ce qu'il nous faudrait, c'est un mort. "

" I will survive ". C'était le dimanche 12 juillet 1998. À quel prix ? Ça, la chanson ne le dit pas. Cette nuit-là, trois garçons pleins d'avenir ont renversé une femme, une étudiante s'est fait violer, un jeune flic a croisé son âme sœur et un bébé est né.

Près de vingt ans plus tard, voilà que tous se trouvent concernés par la même cause.

On est à Vrainville, en Normandie. L'usine centenaire Cybelle va fermer ses portes. Le temps est venu du rachat par un fonds d'investissement. Cybelle, c'est l'emploi de la quasi-totalité des femmes du village depuis trois générations, l'excellence en matière de sous-vêtements féminins, une réussite et surtout, une famille. Mais le temps béni de Gaston est révolu, ce fondateur aux idées larges et au cœur vaste dont les héritiers vont faire une ruine.

Parmi ces héritiers, Vincent, l'un des trois garçons pleins d'avenir. Il a la main sur la destinée de quelques centaines de salariés. Mais il n'a pas la main sur tout, notamment sur ce secret étouffé dans un accord financier vingt ans plus tôt par son père et le maire de Vrainville, père du 2e larron présent la nuit du 12 juillet dans la voiture meurtrière. Le 3e gars, Maxime, n'a la main sur rien, personne n'a payé pour lui et surtout il n'a pas oublié. C'est l'un des seuls hommes employés par Cybelle et un délégué syndical plutôt actif.

Côté ouvrier, on connaît déjà le prix de la revente de Cybelle. Ca signifie plus que la fin d'une belle histoire entrepreneuriale : la mise au ban, la galère et l'oubli. Alors c'est décidé, ils n'ont plus le choix : puisque personne ne parle d'eux, ce qu'il leur faut, c'est un mort.



Biographie de l'auteur

Hervé Commère est né à Rouen et vit à Paris. Son premier livre J'attraperai ta mort est disponible chez Pocket ainsi que Les Ronds dans l'eau, lauréat du Prix marseillais du Polar 2011 et du Prix du Roman de la ville de Villepreux 2011.

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